Lyon, 1791. La terreur s'est installée depuis quelques mois, la pluie refait son apparition, le mois de septembre s'achève, bientôt mes dix-neuf ans qui arrivent... Depuis une semaine environ, je me sens attiré, complètement amouraché d'une jeune femme. Elle est de taille moyenne, mais plutôt grande par rapport à ses congénères, les cheveux d'un noir d'ébène, un peau d'une pâleur enchanteresse, montrant sa certaine origine noble. Je l'avais vu la première fois lors d'une promenade nocturne en compagnie de mon cousin. Nous étions près d'un étang, et nous nous étions arranger pour nous approcher un maximum... Mais, la belle, par je ne sais quel prodige, s'était éclipsée... Nous sommes rentré le soir, jurant de la retrouver. Le lendemain soir, nous réitérâmes l'expérience, et de même, nous voyons cette femme mystérieuse, et de même, elle disparaît. Mais cette fois, avant de disparaître, j'ai pu fixer son regard... J'étais envoûté, et mon cousin me conseilla de ne plus chercher à la revoir, présentant quelque chose d'anormal en elle. Il me traîna dans d'autres endroits de la ville chaque soirs de la semaine jusqu'au lundi suivant. Ce jour-là, il avait un repas familial, bien que nos famille soit loin d'être pauvre, nous faisons partit de la "petite" bourgeoisie, alors les repas familiaux étaient assez importants, souvent, ils permettaient d'arranger les mariages des enfants entre familles, le genre de formalité que je préfère subtilement éviter... Enfin, profitant de ma possibilité de lui parler enfin, je couru à l'étang, et comme dans mes souvenirs, elle était là... Après lui avoir bredouillé quelques babioles, elle me pris la main. Sa paume était gelée, et pensant qu'elle devait mourir de froid, je lui ai proposé de l'accompagner dans un endroit plus protégé, surtout que la pluie n'allait pas tarder à se déversée... Elle me guida à travers la ville, et on atteignit relativement vite ses appartements. Arrivé sur le pas de la porte, je tendis mes lèvres, chose que je fais habituellement pour impressionner les demoiselles, mais elles ne touchent que le vide habituellement... Mais ce soir-là, je devais être l'homme le plus chanceux du monde, ma bouche rencontra la sienne... Et loin de m'éloigner, elles restèrent soudées un long moment... Rouvrant les yeux, je m'aperçus que l'on était à l'intérieur de sa chambre, et seule une bougie éclairait faiblement la pièce. Ne voulant montrer mon mal à l'aise, je pris une position forte sur mes pieds, et me dressa devant elle... Elle me prit le bras, et me projeta sur le lit, et me bondit dessus... Elle m'écrasa de tout son poids, alors que je ne m'y attendais pas du tout, je perdis tout l'air de mes poumons, et perdit connaissance. A mon réveil, j'étais attaché au lit, et le torse en feu... Quand mes yeux purent s'ouvrir, je vis cette femme devant moi, la bouche en sang, et je m'aperçus très vite que c'était mon sang, provenant de multiples coupures sur mon torse. J'essayais de hurler, mais n'ayant plus de force, ma voix était faible et sans portée. Elle s'approcha doucement, et me glissa à l'oreille, tendrement qu'elle pouvait m'offrir la vie éternelle si je restais sagement dans cette chambre et lui servais d'"esclave" à jamais. Ayant vu ce regard assoiffé de sang, je compris qu'elle ne plaisantait pas. Alors j'accepta sa proposition... C'est ainsi qu'elle me vida de mon sang, je sentais peu à peu mes forces me quitter. Et à l'instant où je voyais cette étincelle de vie s'éclipser, j'entrevis la noble s'entailler le poignet et me le tendre, je compris qu'il fallait que je boives, je connaissais les légendes populaires, alors je bus... et ma vue se troubla définitivement.
A mon réveil, je ne ressentais plus mon cœur battre. Je commença à paniquer, et je m'aperçus que je voyais distinctement, alors qu'il n'y avait aucune source de lumière... Je me souvins peu à peu de ce qui c'était passé la veille. J'étais dégoûté, mais en même temps, je sentais un pouvoir inconnu couler dans mes veines. Le sang séché sur les draps blancs du lit m'attirait étrangement. Puis d'un coup, elle apparut devant moi, et c'est alors qu'elle se présenta réellement. Elle se nommait Sharla, et était vampire depuis plus de cinq cents ans, et s'ennuyait seule, c'est pour cela qu'elle recherchait un esclave... Nous restâmes dans cet hôtel un mois environ, je ne sortais pas, j'étais toujours attaché ou enchaîné quand Sharla sortait et je voyais mes forces décliner peu à peu, jusqu'au jour où elle revint avec un séduisant jeune homme, qui n'était autre que mon cousin, venu l'interroger sur ma soudaine disparition. Quand il rentra dans la salle, je le reconnu tout de suite, mais je me tus, je sentais une boule d'angoisse se former dans mon estomac, mais en même temps, je n'attendais qu'une seule chose... Sharla hypnotisa mon cousin, et me l'envoya. A peine était-il suffisamment proche de moi que je lui sauta dessus, et bu son sang sans perdre une seconde. Je me sentais revivre, je me sentais fort a nouveau... Quand je sortis de ma transe, je vis mon cousin dans mes bras, mort définitivement. Un hurlement sortit de ma gorge, puis je ne vis plus rien. A mon réveil, Sharla n'était plus là, et il n'y avait plus de trace de ce qui s'était passé, si je ne rêvais pas... Je sortais à peine des vapeurs de l'éther, quand j'entendais un bruit venant de la porte. M'attendant à voir Sharla entrer dans la pièce, je fus agréablement surpris de voir que ce n'était pas elle. C'étais la femme de chambre, une jeune fille de mon age environ, assez mince, les cheveux bruns foncés, de taille moyenne, et le visage assez doux. Elle se dirigea vers les volets, et commença à les ouvrir... A peine un rayon lumineux entra dans la pièce, je fus aveugler, et hurlais... Apeuré par le soudain cri, elle relâcha le volet, qui se referma très vite. Elle accourut vers moi, et s'aperçut que j'était enchaîné. Je lui dis de partir avant le retour de la maîtresse, mais elle ne m'écoutait pas, elle voulait me faire sortir de la... Me disant que son père était serrurier, elle pouvait me sortir de là... Elle défit sans difficulté mon premier poignet de son étreinte, quand elle commença le deuxième verrou, c'est alors que Sharla revint. Elle saisit la bonne et la projeta contre le mur, avec une telle violence que le choc fit se décrocher un volet, et un rayon de soleil percuta Sharla, qui brûla sous mes yeux... Je fermis les yeux, et n'entendis que le faible battement de cœur de ma sauveuse. J'arracha mon bras de l'anneau de fer qui le retenait, m'approchait de la jeune fille, et la tira dans un coin plus obscure. Elle était salement blessée, et j'étais paniqué, ne sachant quoi faire. Je pris la décision de la sauver à mon tour, de prendre le risque de la tuer de mes propres mains, comme mon cousin. Je lui susurra de ne pas avoir peur de moi, et elle m'obéit. Elle n'eut pas peur quand je lui revela mes crocs, à peine un sursaut quand ils se plantèrent amoureusement dans son cou. M'étant abreuver peu de temps avant, je réussis tant bien que mal à me contrôler dans mon extase, je ne voulais pas reproduire mon erreur. Après avoir bu une bonne partie de son sang, je pris mon bras dans ma bouche, et arracha un lambeau de chair, et je le mis au dessus de sa bouche, faisant couler le liquide chaud et onctueux dans sa bouche. Son cœur battait toujours, j'avais peur d'avoir mal procédé, je ne connaissais rien à mes facultés, je la pris dans mes bras, et attendis, espérant la voir retrouver sa vitalité. Nous restâmes unis comme cela jusqu'au crépuscule, son sang se répandait toujours sur nous. Quand l'obscurité fut suffisante, je la pris et alla dans les greniers, lieu peu fréquenté et suffisamment obscure pour séjourner une journée. Arriver dans ce lieu, son cœur battait de moins en moins vite, et quand il s'arrêta, je pris mes anciens réflexes humains, et commença à lui faire un massage cardiaque, sans succès. Puis, après quelques secondes, je vis ses paupières se rouvrir, puis un sourire sur son visage, et ce jour-là, je compris que nous allions rester ensemble dans ce nouveau monde. Lui laissant le temps de reprendre ses esprit, je lui demanda ensuite son prénom, elle me répondit Faith. Elle me questionna alors sur ce que l'on était, ce que devait faire... Je lui répondis en racontant mon histoire, et elle me crut. La nuit suivante, nous sortîmes, et partagèrent notre premier "repas" ensemble, bien que cela nous répugnait, il nous était vital. Nous primes chacun un pseudonyme, permettant d'oublier notre passé humain, elle choisit SkunkRyse, et moi Silent. Depuis ce jour, nous sommes inséparables, c'est ce qui nous a permis de survivre jusqu'à notre rencontre avec Suffer. Mais ceci est une autre histoire...